mercredi 23 janvier 2019

Éric Plamondon
Taqawan
Montréal, Le Quartanier, coll. « Écho », 2018, 224 p., 13,95 $.

D’une colonie à l’autre

Je laisse aux autres de commenter les livres ayant valu un prix littéraire à leur auteur. Il en est ainsi, car je ne vois pas l’utilité d’une nouvelle opinion sur une œuvre déjà abondamment analysée ou d’un commentaire sur la décision d’un jury sur laquelle on ne peut plus rien. Or, voilà que je fais exception en parlant de Taqawan, roman pour lequel on a remis le Prix France-Québec 2018 à l’auteur Éric Plamondon.




Pourquoi ce livre plutôt qu’un autre? Parce que le France-Québec est un prix qui ouvre les portes du territoire planétaire où les lecteurs francophones sont légion. La France elle-même, mais aussi la Belgique, la Suisse, des pays d’Afrique et tous ceux pour qui Paris est au cœur de la culture littéraire. Ce détour est obligé pour la littérature québécoise comme celle de tant d’autres pays, même si nos écrivains trouvent rarement leur place sur les rayons des librairies en Hexagone.
Venons-en à Taqawan. Septième récit de Plamondon, il nous fait voyager en territoire mal connu, celui des Micmacs du Québec, au moment des événements de Ristigouche en 1981, ce fleuve où la pêche au saumon a été l’objet d’une crise majeure entre autochtones et pêcheurs commerciaux blancs.
Le romancier situe la trame au moment d’affrontements entre les deux communautés sur les droits de pêche des uns et des autres. Comme si ce conflit ne suffisait pas, il s’intéresse aussi à la condition des Amérindiennes et à l’irrespect des hommes blancs, souvent en autorité, dont elles sont victimes, même en bas âge.
Pour s’assurer de bien mettre en les perspectives ce fil narratif, Plamondon fait, tout au long du roman, de brefs apartés historiques sur divers aspects des traditions micmaques ancestrales, si souvent bafouées depuis l’arrivée des premiers colons français.
L’histoire pivot du roman raconte la décision d’Yves Leclerc, garde-chasse au moment des événements, qui refuse d’accepter la brutalité de l’intervention policière lors des affrontements entre pêcheurs amérindiens et blancs. Non seulement remet-il sa démission, mais il prend parti en faveur des « Mi’gmaq ».
Parallèlement à ce récit, Taqawan raconte le sort subit par Océane, une adolescente micmaque, et le destin de Caroline Seguette, une Française venue enseigner au Québec pour un an, témoin malgré elle des dérives de nos ancêtres, français comme elle. L’adolescente et l’enseignante vont se retrouver dans l’univers d’Yves à des moments déterminants de leur vie. Caroline le rencontre dans un bar du coin où elle habite, d’amis ils deviendront amants. Quant à Océane, c’est à la suite d’un viol dont elle est victime que Leclerc entre dans sa vie, la mettant hors de danger à deux occasions.
De rapprocher ainsi un drame personnel à celui d’une société et d’en faire une seule et même tragédie peut paraître audacieux. En même temps, cela permet de mieux comprendre l’unicité des individus et du rôle de la communauté chez les Micmacs, le tous pour un, un pour tous.
Leclerc, après avoir recueilli Océane et amené chez lui, constate qu’il lui faut une médecine autre que celle des blancs et il part à la rencontre de William, un sexagénaire Micmac vivant en solitaire depuis des années, qui peut venir en aide à l’adolescente. De retour chez lui, Yves et son compagnon constatent qu’il y a des visiteurs. L’amérindien reste en retrait et son ami se dirige vers l’entrée. À l’intérieur, il trouve deux individus qui ont ligoté et bâillonné Océane. Ils sont armés, le menacent, l’amènent dans la forêt, laissant l’adolescente seule. Une grosse roche sur leur passage fera l’affaire pour se débarrasser d’Yves, en ayant l’air d’un accident. Au moment où l’un d’eux passe à l’action, il s’effondre en gémissant : « le vieux Mi’gmaq » lui a lancé une hache dans le dos.
Après cette péripétie, Éric Plamondon opère une longue circonvolution du récit pour raconter, entre autres, que l’origine du taqawan, saumon dans la langue micmac. Il en profite pour introduire de nouveaux personnages dont Pierre Pesant, anthropologue au service de la Commission des droits de la personne et retraité de l’Université Laval, ayant un faible pour les jeunes femmes. Ce dernier habite temporairement chez Caroline, le temps de documenter le conflit de la Ristigouche.
Yves et William ont d’ailleurs demandé à cette dernière de veiller sur Océane, le temps qu’ils règlent quelques affaires. Le lendemain à leur retour, la porte du logis de l’enseignante est grande ouverte, elle et Océane ont disparus, et Pesant git sur le sol. Les deux amis ne tergiversent pas et partent avec Pesant dans la direction où les kidnappeurs semblent être allés. En route, ils interpellent des pêcheurs qui disent avoir vu un zodiac passé à vive allure en indiquant la direction qu’il a prise. Sachant où trouver rapidement une embarcation, « Yves Leclerc, William Metallic et Pierre Pesant remontent la Ristigouche ».
Après avoir parcouru deux kilomètres, ils aperçoivent un zodiac accosté devant la pourvoirie Adams et s’en approchent. Leclerc va vers le chalet, l’Amérindien vers la forêt et Pesant veille sur l’embarcation. Voilà Yves devant Herman Adams, le maître des lieux, prétextant vouloir acheter de l’essence. Pendant ce temps, William découvre un énorme Winnebago où Océane est ligotée, et peut-être droguée. Au moment où Adams revient avec l’essence, Pesant arrive derrière Leclerc, reconnaissant ainsi sa complicité avec le pourvoyeur. Ils enferment Yves et la Française, aussi faite prisonnière, car il leur faut trouver urgemment le Mi’gmaq. Entre temps, ce dernier a mis Océane en sécurité et fait en sorte que l’autocaravane descende vers le camp, le fasse exploser et permette à ses amis de fuir.
La chute du roman peut sembler aller de soi, mais ce serait oublié le fil conducteur de la trame, le conflit entre les droits de pêche au saumon et la réaction exagérée de la Sureté du Québec. Ces événements pousseront Océane, devenue jeune adulte, à faire des études en droit afin de protéger ceux de sa nation dans le cadre légal et juridique de la société québécoise et canadienne.
Nul doute, Taqawan mérite le prix France-Québec, considérant le vaste spectre sociopolitique que l’écrivain déploie tantôt celui de l’histoire de la société micmaque et de la colonisation française, tantôt des droits de pêche ancestraux des Autochtones et des lois édictées par les Blancs, tantôt la liberté des uns au détriment de celle des autres. La littérature a le pouvoir d’éduquer en utilisant la trame d’un récit pour toucher les consciences et peut-être changer les mentalités, ce que parvient à faire Taqawan, un mot qui, je le rappelle, signifie saumon en la langue micmaque.

mercredi 16 janvier 2019

Louis-Philippe Hébert
Le dernier catéchisme illustré, récits
Saint-Sauveur-des-Monts, La Grenouillère, coll. « Livre de poche », 2018, 136 p., 18,95 $.

Pour saluer Louis-Philippe Hébert

1969, j’étudie à l’université McGill et vit dans une résidence située derrière l’hôpital Royal-Victoria. Pour m’éloigner quelques heures de cet univers pluriculturel, je descends le cœur léger la rue University pour aller retrouver un apprenti libraire, Louis-Philippe Hébert, qui officie à La Maison du livre de la Place Ville-Marie. Parfois, on y expose les œuvres de jeunes créateurs, dont les dessins de Micheline Lanctôt. J’ignore alors qu’elle et mon ami planchent sur une suite de textes et d’illustrations qui seront réunis en cinq volumes, et publiés de 1971 à 1975.




En octobre 2017, j’ai recensé la version remasterisée d’un ouvrage intitulé Le Roi Jaune, des textes en prose parus au Jour, en 1971, et illustrés par son amie Lanctôt. J’ai alors constaté que cet ouvrage n’a pas vieilli d’une virgule, son originalité initiale étant inaltérée, car inaltérable. Je citais alors le judicieux conseil de Jean-François Chassay : « Prenez le temps de lire. Ne sautez aucun mot. Ralentissez. Vous aurez des surprises. Et c’est dans pareil moment que la littérature joue pleinement son rôle. »
Au début de 2018, j’ai souligné la parution de Le cinéma de la Petite-Rivière, version aussi rematricée de la prose éponyme, et de Textes extraits de vanille et Textes d’accompagnement. Ces ouvrages sont tous illustrés par la jeune artiste qui allait devenir la comédienne que l’on sait et, plus tard, cette remarquable cinéaste. J’invitais les lecteurs à remarquer les mots en cascades de l’écrivain qui inventent des sens dans toutes les directions, créant de nouveaux mondes, chaque texte tenant lieu de laboratoire de l’imaginaire et de l’appropriation d’un style original, voire unique.
Ne manquait qu’un livre illustré de cette époque, Le petit catéchisme, paru à l’Hexagone, en 1972. Louis-Philippe Hébert dit qu’il s’agissait là de poèmes en prose, un genre ayant pris son essor en France au 19e siècle, entre autres sous la plume de Baudelaire et de Rimbaud. De tels poèmes « forment un tout et sont fondés sur des recherches de rythme, de sonorités, d’images propres à la prose mais qui sont utilisés différemment. »
Devenu Le petit catéchisme illustré, le livre compte une cinquantaine de textes regroupés en cinq segments comme autant de pistes de lecture dans lesquelles s’engager. Même loin de la narration dans son acception générale, deux personnages interviennent à travers les dits d’un narrateur aussi imaginaire qu’eux, On et W. Ici plus que jamais dans ses ouvrages précédents et ceux qui viendront dans les décennies suivantes, L.-P. Hébert « pourrait [comme l’écrit Michel Lord] s’inscrire dans la tradition des contempteurs de la tradition littéraire de stricte obédience : les Lautréamont, Alfred Jarry, Raymond Roussel, Henri Michaux, Claude Gauvreau… »
Moderne avant d’autres écrivains de l’École littéraire du Jour? Je le crois, car la quête apparente de Hébert n’était pas celle d’un pays, mais d’une littérature nouvelle par ce qui la distinguait de ses semblables. Jean-Pierre Vidal, le plus pointu des critiques, voire l’exégète de l’œuvre de Louis-Philippe Hébert, écrivait à son sujet, dans un dossier que la revue Lettre québécoise lui consacrait en 2003 : « On voit qu’il aura été tributaire […] de toutes sortes de discours et de pratiques littéraires, mais pour mieux suivre sa route à lui qui n’appartient en propre à aucun autre parcours. Tout au plus pourrait-on dire qu’il réussit ce tour de force d’être ainsi toujours un marginal, y compris par rapport à la marge, autoproclamée ou institutionnalisée. C’est sans doute ce qui lui vaut la relative obscurité dont l’entourent soigneusement les médias, comme par peur de voir leurs confortables certitudes ébranlées par une œuvre violemment inclassable. »
S’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, je considère les premiers ouvrages d’un écrivain comme d’incontournables signes de piste quand son œuvre arrive à maturité. Or, je crois que Le petit catéchisme illustré est de ceux-là, car il nous dirige, d’un point de vue panoramique, vers ce qui allait devenir l’œuvre « totalisante » que Louis-Philippe Hébert a écrite à ce jour.

mercredi 9 janvier 2019


Matthieu Simard
Les écrivements
Québec, Alto, 2018, 240 p., 23,95 $ (papier), 14,99 $ (numérique).

Je suis le point de départ

Le couple dans tous ses états est au cœur des romans de Matthieu Simard depuis Échecs amoureux et autres niaiseries (Stanké, 2004), son premier livre. Quand on met son sujet de prédilection en perspective, se dessine, d’une œuvre à l’autre, une gravité grandissante qui menace la vie à deux. Si on croyait que Marie et Simon, héroïne et héros d’Ici, ailleurs (Alto, 2017), étaient allés au bout de l’impossible, l’écrivain dépasse cette limite de la condition du couple dans Les écrivements.




La narratrice se prénomme Jeanne, est âgée de 81 ans et vient d’apprendre que Suzor, son compagnon, parti un mardi de décembre 1976, souffre de la maladie d’Alzheimer. Commence alors un long retour en arrière sur les années qu’ils ont été ensemble, pour le meilleur et pour le pire, et la fêlure qui a eu raison d’eux.
Leur histoire, Jeanne l’a écrite à la main dans un cahier marron sans jamais vouloir la relire, comme si ce qui coulait au bout du crayon libérait sa mémoire et sa conscience d’événements passés érodant la solitude de son existence. Le seul lien qu’elle a conservé avec cet hier, c’est cette rencontre du temps des Fêtes avec un petit groupe d’amis qu’elle partageait avec — Skip; Robert-comme-sur-le-livre et son épouse Veloutée Véronique; Jean-Luc et sa troisième femme; Marie-Lièvre la jeune, son Bastien malpoli et leurs enfants. Une seule condition à ces retrouvailles annuelles: personne ne parle de Suzor.
Une date et un événement marquent le point de rupture du couple Jeanne et Suzor : 10 mai 1959, piste de l’aéroport Saint-Hubert, à quelques mètres d’un avion militaire dont ils viennent de descendre. D’où venaient-ils? Qu’était-il arrivé qu’il « aurait fallu oublier. Effacer ces quelques mois comme on fait disparaître un cœur dessiné » sur une vitre givrée? Toute la trame du roman s’attarde à dépoussiérer les souvenirs de ces événements dramatiques.
Surgit alors une adolescente (15 ans), Fourmi, dont l’enfance s’est déroulée sous le regard de Jeanne, sa famille habitant à côté. Déménagée il y a 7 ans, que vient-elle faire, que cherche-t-elle? D’abord, quelqu’un pour la consoler du départ de son frère Charlot, son aîné comme un demi-dieu, puis pour lire le carnet marron dont elle tirait autrefois des histoires imaginaires qu’elle racontait à Jeanne alors qu’elle ne savait pas encore lire. C’est dans ce carnet qu’étaient notés ce que l’enfant appelait les « écrivements » de Mamie.
Le romancier a essaimé, ici et là, des pages de ces « écrivements » qui deviennent des pistes pour mieux comprendre le couple Jeanne et Suzor, la nature de leur relation amoureuse. Fourmi en vient à obliger Jeanne, avec une maladresse malaisante, à lire le carnet, ce qu’elle n’a jamais fait, et à l’interroger sur des passages qu’elle veut comprendre. Par exemple, qu’y fait la Russie ou pourquoi Jeanne n’est-elle pas en route pour l’Ontario où Suzor se serait établi?
Fourmi joue un rôle de catalyseur des sentiments et des émotions qui assaillent soudainement sa vieille amie. C’est la Fourmi enfant que Jeanne a accueillie comme autrefois, mais elle constate que le temps a déjà fait son œuvre sur l’adolescente qu’elle est devenue. Malgré cela, l’octogénaire s’abandonne presque à ses conseils et à sa rébellion contre son entourage : « En colère contre l’univers, elle sait depuis longtemps qu’elle aussi est différente. Déjà, les autres ont des parents qui s’occupent d’eux. Ceux de Fourmi le font à microdoses, famille homéoparentale. » (p. 104)
En route pour l’Ontario, Jeanne craint « encore une fois, le bout du monde. Fourmi, elle, avait peur que sa route n’ait pas de bout. » (p. 105) La crainte de l’une et la peur de l’autre se font de plus en plus écho comme si l’adolescente était la renaissance de Jeanne, un miroir dont ni l’une ni l’autre ne sont initialement conscientes, mais qui les projettent bien au-delà du présent de chacune.
L’installation faite d’autobus scolaires envoyés à la casse et intitulée Soleil II par Suzor n’est hélas pas là où se terre — se sous-terre — l’amoureux en-allé, alors que Jeanne se sentait en mesure de l’affronter. Cette non-présence désespère Fourmi qui se demande à « quoi ça sert de tomber en amour si c’est pour finir assise dans l’eau dans un vieil autobus? »
Le séjour en Russie, mentionné dans les premières pages, semble être une raison du départ de Suzor, il y a 40 ans au temps du récit. La Russie du temps de la guerre froide n’est ensuite évoquée qu’au 26e chapitre On y apprend que Jeanne et Suzor ont été un jour convoqué par un représentant du gouvernement canadien qui leur confie une mission en URSS. Nous sommes alors en novembre 1958 et le couple s’apprête à vendre leur maison pour déménager à Matagami où Suzor a décroché un emploi dans le secteur minier. Ces deux événements n’auront pas lieu, le couple n’ayant pas vraiment eu le choix d’accepter ou de refuser cette affectation de trois mois à titre d’expert minier, dans le contexte d’échanges de spécialistes entre les deux pays.
Arrivés sur place, leurs hôtes ne parlent que le russe et quelques bribes d’anglais ne permettant pas de converser. Il y a aussi que Jeanne est la seule femme du groupe et que l’intimité est impossible. Elle résume ainsi cette collégialité : « Je me suis mise à les aimer. Et ils m’aimaient aussi, toute une communauté qui devenait une famille, des frères, trente frères. » (p. 137)
Jeanne ne peut faire d’un seul souffle le récit de cet incontournable épisode soviétique dans sa vie et celle de Suzor. Elle fait des pauses pour revenir au présent d’une « vieille assise dans l’eau, sur le plancher usé d’un autobus scolaire aux allures de pain moisi, douze pieds sous terre, qui raconte sa vie à une adolescente fragile… » (p. 149) Elle se rend aussi « compte qu’en pourchassant un homme absent [Suzor] j’ai mis de côté la jeune fille qui souffre juste devant moi et qui me considère comme sa grand-mère. »
Puis on revient à l’Oural, le 21 février 1959, au moment où les Russes et leurs deux invités sont détournés de leur tâche pour aller récupérer des randonneurs dont on est sans nouvelle. Ce changement n’est pas que celui du travail ou du lieu, mais les événements que la situation va engendrer seront déterminants sur l’avenir de tous. Ils se résument par une battue sur un site hostile à quiconque s’y aventure où la neige et le froid engendrent les petits drames de chacun dont le plus grand d’entre eux sera la découverte de la tente des disparus, déchirée d’un coup de couteau, laissant derrière eux vêtements et matériels nécessaires à leur survie. La suite des recherches et les corps qu’ils retrouveront dans des états indescriptibles auront des conséquences sans limites sur chacun d’eux.
Qu’a ensuite appris Suzor de la bouche de Lev et de Moses avant qu’on les oblige à rentrer au Canada? Jeanne ne l’apprendra jamais, mais elle sera convaincue que c’est ce qui a affecté le cœur et l’esprit de Suzor et qui l’a poussé la quitter.
Jeanne et Fourmi poursuivent leur recherche de Suzor en apprenant que Skip, un ami du couple, sait où se trouve Suzor. Jeanne le visite et apprend, à son grand dam, que Skip est non seulement un ami, mais le frère de Suzor. Cette confidence trouble profondément Jeanne car elle a toujours cru qu’elle était la seule famille de Suzor, un mensonge qu’elle refuse comme la goutte de trop dans un verre déjà plein.
Cette gifle au visage de sa confiance en Suzor pousse Jeanne à continuer sa recherche. Entre temps, Fourmi revient chez elle au bras d’un amoureux. « Vous m’aviez dit qu’il y avait juste de la douleur là-dedans (le carnet marron). Des choses laides. Moi j’ai vu juste de la beauté. » (p. 214)

mercredi 19 décembre 2018


Antidote 10
Montréal, Druide Informatique, 2018
129,95 $

Tout le français au bout des doigts

L’éditeur Druide souligne le 25e anniversaire de son application phare en publiant Antidote 10. Depuis Antidote Prism (2001), j’ai souligné ici l’excellence sans cesse améliorée de ses dictionnaires de langue — définitions, synonymes, antonymes, famille de mots, etc. —, du conjugueur, des guides grammaticaux et, bien sûr, du correcteur.



Parmi les nouvelles fonctions apparues au fil des ans, soulignons Anti-Oups!, un correcteur de courriels associé aux messageries, et une version anglaise du correcteur répondant aux besoins des usagers sous Windows, OS et Linux, ou pour les appareils mobiles d’Apple.
Qu’allaient proposer les linguistes et informaticiens de Druide pour cet anniversaire? En tenant compte de l’évolution des technologies de l’information et de la langue française, ils devaient réviser les trois composantes du logiciel — dictionnaire, correcteur et guide —, les peaufiner et ajouter de nouvelles fonctions.
J’utilise Antidote 10 depuis novembre dernier. J’ai d’abord désinstallé la version précédente, modules français et anglais et Le Visuel intégré; l’installation s’est ensuite déroulée rondement. Ayant lu attentivement les consignes, j’ai été surpris que l’indispensable Anti-Oups! ne prît plus en compte Windows Mail, cette messagerie n’étant plus mise à jour. Heureusement, l’agent Connectix, une fonction d’Antidote, lie Anti-Oups! à d’autres messageries dont Outlook et le gratuiciel Thunderbird.
Grand utilisateur des dictionnaires, j’aime qu’ils soient mis à jour régulièrement. Ainsi, Antidote 10 compte 128 000 mots, dont 15 000 noms propres; 50 000 locutions; 1 000 000 de synonymes, hyponymes et hyperonymes; 100 000 antonymes; 950 000 cooccurrences avec de nombreux exemples d’utilisation.
À oui, les cooccurrences! « Larousse dit qu’il s’agit de l’apparition dans un même énoncé de plusieurs éléments linguistiques distincts, et de la relation entre eux. » Par exemple, le mot pomme peut être associé à manger, croquer, cueillir ou éplucher, mais aussi à pin, discorde, arrosoir, douche, etc.
Côté conjugueur, celui d’Antidote 10 compte de 9 000 verbes aux temps simples et composés. On consulte aussi les champs lexicaux; l’étymologie de 100 000 mots; l’évolution de 26 000 mots à travers les siècles; les homonymes et paronymes; les régionalismes et marques d’usage, etc.
Si vous êtes branchés à internet, Antidote 10 donne un accès direct à Wikipédia, au Grand Dictionnaire Terminologique (GDT) de l’Office de la langue française, au guide du rédacteur Termium et à un moteur de recherche. L’usager peut configurer un accès à d’autres ressources Web au choix.
Antidote 10 est LE correcteur en francophonie. C’est pourquoi il faut préciser le pays où on habite, l’usage qu’on en fera, le niveau de langue généralement utilisé, la forme classique ou révisée de certains mots, etc. Par exemple, une scientifique qui rédige des rapports pour ses collègues n’a pas le même discours lorsqu’elle écrit un article destiné au grand public.
Antidote 10 compte quelques 120 nouveautés, la plus remarquable à mon avis étant que les dictionnaires unissent le français et l’anglais en donnant la traduction de 2,5 millions de mots et expressions.
Enfin, je dois souligner l’excellence du guide d’utilisation d’Antidote 10. Intitulé Posologie, on peut y passer des heures à explorer, entre autres, les paramétrages qui permettent de l’adapter à nos besoins spécifiques et découvrir ses autres talents. Que voilà un cadeau à mettre sous l’arbre familial, car il sera utile à toutes et tous!

mardi 18 décembre 2018


Étrennes 2018

De beaux et bons livres sous le sapin

J’ouvre les pages de trois romans et de deux beaux livres, des ouvrages à offrir ou à recevoir. Les œuvres narratives sont de très longues histoires qui vous habiteront, alors que les images des albums vous feront visiter des habitations d’autrefois et retracer le parcours de femmes inspirantes.

Eric Dupont
La route du lilas
Montréal, Marchand de feuilles, 2018, 592 p., 34,95 $.

Le premier roman s’intitule La route du lilas et il a été écrit par l’auteur de La fiancée américaine (2012), Eric Dupont. Il s’agit d’un long récit dans lequel Shelly et Laura « traversent l’Amérique [en camping-car tous les ans] en suivant la floraison du lilas. Souhaitant vivre dans un printemps éternel, elles reprennent la route dès que les fleurs fanent, à destination d’une ville où le lilas vient tout juste d’éclore. À la demande d’une amie, elles ont une passagère, Pia Barbosa, une Brésilienne en fuite qui doit se rendre à Montréal sans laisser de traces.
Chaque soir, les trois femmes s’adonnent à l’écriture, faisant le récit de leurs secrets, de leur passé et de leur humanité. Outre l’histoire récurrente du lilas, ce sont les personnages et leur vie tumultueuse qui insufflent de l’énergie à une suite d’histoires d’amour. On rencontre ainsi Tucanos, un photographe qui fait tourner la tête de toutes les femmes et traque Édith Piaf. Maria Pia Barbosa au temps de ses études dans un couvent qui l’exaspère. Shelly, une horticultrice célèbre, qui se retrouve au cœur d’une guerre de pépinières. Du Brésil à Paris, on arrive dans un petit village de la côte gaspésienne où le lilas fleurira en juillet. » Je reviendrai longuement sur ce remarquable récit en janvier prochain.

David Goudreault
La bête intégrale
Montréal, Stanké, 2018, 720, 32,95 $.
L’univers de La bête intégrale, trilogie de David Goudreault, est tout autre. On dit que « l’auteur a ébranlé le paysage littéraire québécois. Repoussant les limites de l’humour grinçant, il a offert un regard à la fois dur et tendre sur les oubliés de la résilience, grâce à un protagoniste qui, en dépit de sa violence, est touchant de naïveté. » Voyez. La bête à sa mère (2015) s’ouvre ainsi : « Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. » Puis, le début de La bête à sa cage (2016) est encore plus soufflant : « J’ai encore tué quelqu’un. Je suis un tueur en série. D’accord, deux cadavres, c’est une petite série, mais c’est une série quand même. Et je suis jeune. » Enfin, il y a Abattre la bête (2017) où l’écrivain annonce d’entrée de jeu qu’à «la fin de ce récit, je vais me tuer. Et puis mourir. C’est ainsi. Toute bonne chose a une fin, mais moi aussi. »

Madeleine Thien
Nous qui n’étions rien, traduit de l’anglais (Canada) par Catherine Leroux
Québec, Alto, 2018, 548 p., 32,95 $ (papier), 18,99 $ (numérique).
Le troisième roman s’intitule Nous qui n’étions rien. Madeleine Thien, l’auteur, nous amène à « Shanghai, pendant la Révolution culturelle [chinoise], où deux familles d’artistes nouent des liens que rien ne viendra briser. Des décennies plus tard, à Vancouver, une jeune femme entreprend de reconstituer leur histoire à l’aide du Livre des traces, un roman sans début ni fin, à la fois fictif et véridique, qui semble renfermer toutes les vies possibles. Ainsi débute une étourdissante quête des origines entre les mailles de l’histoire, la vraie, et l’inventée. Saga d’une humanité renversante, la romancière dépeint la Chine, des années trente jusqu’au nouveau millénaire, de la place Tian’anmen jusqu’au désert de Gobi. Elle raconte aussi l’injuste silence autour des disparus, la résilience, la force de la mémoire, le pouvoir de la musique et de l’écriture. Roman total d’une minutie presque irréelle, il pose avec compassion une question à jamais pertinente: qu’est-ce qu’une société juste? »

Perry Mastrovito
Maisons anciennes du Québec, volume 2
Saint-Constant, Broquet, 2018, 168 p., 39,95 $.
Allons au rayon des beaux livres y trouver Maisons anciennes du Québec, volume 2 de Perry Mastrovito, photographe montréalais. L’ouvrage « compte plus de 365 photos mettant en vedette de magnifiques maisons en pierre des champs et pièce sur pièce recouvertes de planches de bois et en crépi, construites pour la plupart dans les années 1700 et 1800. On retrouve même une maison dont la construction initiale remonte vers l’année 1650. Les images détaillées et inspirantes accompagnées de descriptions par l’auteur nous transportent à nouveau dans le temps pour y découvrir l’ambiance apaisante et unique que les maisons anciennes dégagent. »

Chiara Pasqualetti Johnson
Ces femmes qui ont influencé le monde
Saint-Constant, Broquet, 2018, 224 p., 29,95 $.
Une dernière suggestion, mais non la moindre : Ces femmes qui ont influencé le monde de Chiara Pasqualetti Johnson. L’auteur y raconte « la vie de cinquante femmes remarquables d’hier et d’aujourd’hui dont les réalisations ont marqué profondément la société. On y rencontre reines et artistes, politiciennes et icônes de la mode, actrices et scientifiques, exploratrices et femmes d’affaires, athlètes et femmes ordinaires qui, avec courage et détermination, ont donné un sens à leur vie. Elles ont toutes relevé le défi de leurs ambitions et démontré, avec force et passion, que quiconque peut réaliser ses rêves, même ceux que le monde estime, à leur époque, inappropriés ou impossibles pour une femme. Souvent ponctuées de succès et de triomphes, mais aussi de tragédies et d’épreuves, leurs vies sont aussi excitantes et touchantes que les intrigues de grands romans. Parmi les notes biographiques et les photos qui composent l’ouvrage, on croise aussi bien Coco Chanel que Simone de Beauvoir, Estée Lauder que Rosa Parks, Joan Baez que Malala Yousafzai. » Toutes sont des femmes aussi inspirantes qu’inspirées.
Joyeux Noël à toutes et tous.

mercredi 12 décembre 2018

Nadine Bismuth
Un lien familial
Montréal, Boréal, 2018, 328 p., 27,95 $.

Crise de la quarantaine? Pfft!

Je m’ennuyais de la plume tantôt sérieuse et souriante, parfois satirique de Nadine Bismuth. Mon attente ne fut pas vaine, la trame d’Un lien familial me faisant découvrir la microsociété des quarantenaires, un temps jadis pour moi.
J’ai d’ailleurs remarqué que, d’un livre à l’autre, l’âge de ses personnages est généralement le sien, comme si la romancière projetait des séquences d’un film racontant sa génération, dont les acteurs se nomment ici Magalie, Charlotte, Isabelle, Romane, Sophie, Monique, Karine, Julianne, Nancy, Annabelle, Mathieu, Olivier, Guillaume, André ou François.




Chacun a un rôle bien défini dans l’espace et le temps du récit. Les lieux où ils vivent ou travaillent : résidence, bar, chambre d’hôtel, auto. Leur vie personnelle et sentimentale : amoureuse, amoureux, conjoint, enfants, amant, maîtresse. Leur vie professionnelle : avocat, policier, blogueuse, auteure, designer-cuisiniste, retraités.
Chacun des neuf chapitres du roman a pour narrateur Magalie ou Guillaume, et la transition de l’un à l’autre évoque l’instant d’avant ou d’un proche avenir. Cela donne du rythme à l’action, des séquences spatiotemporelles aux péripéties, des rebondissements à la chute finale. Un épisode s’insère aussi dans la trame comme un fil conducteur sans lien apparent, mais néanmoins déterminant sur l’ensemble du récit.
En bref, Un lien familial raconte six mois dans la vie de couples qui traversent des turbulences. Vouloir résumer le roman comme s’il s’agissait d’une fresque de la crise de la quarantaine serait injuste, car il redéfinit la problématique complexe de cet âge au 21e siècle, en s’attardant aux personnes, comme individu ou la demie d’un couple, ainsi qu’à l’image que chacun a de lui-même ou qu’il veut projeter.
Ainsi, Magalie, la voix féminine du roman, découvre que Mathieu, son avocat de mari, a une aventure avec Sophie, une collègue de travail. Elle préfère ne pas trop s’en soucier et se concentrer sur sa fille Charlotte. Il faut dire que, de son côté, elle n’a pas été plus fidèle : elle a couché avec Olivier, son associé, dont elle connaît bien l’épouse, Isabelle, car, comme Sophie, elles partagent le même espace de travail. Cette duplicité nourrit sa réflexion sur l’état actuel de la condition féminine qu’elle semble considérer sérieusement et assumer pleinement.
De son côté, Guillaume, la voix masculine, représente un certain art de vivre de sa génération. Divorcé, il occupe la maison où il vivait avec Karine et leur adolescente Julianne, car cela facilite la garde partagée. Lors d’une fête de famille, il rencontre Monique, la nouvelle compagne de son père, ainsi que Magalie, la fille de cette dernière. A-t-il un coup de foudre pour la designer-cuisiniste? Chose certaine, elle ne lui est pas indifférente, au point où, excellent prétexte selon lui, il va la consulter au sujet des rénovations de sa cuisine.
De Magalie à Guillaume, on apprend ce qui mijote dans la vie émotive et sentimentale de chacun, et l’influence déterminante du quotidien sur leurs pensées et leurs actions. Dans un tel contexte, il suffit d’un événement anodin pour qu’explose un tsunami intérieur. Du côté de Magalie, Romane, l’employée d’Isabelle, lui reproche son aventure avec Olivier, pour lequel elle a elle-même le béguin. Du côté de Guillaume, son expérience d’ex-conjoint et de père d’une ado illustre la valse-hésitation ressentie quant à l’avenir des hommes de son âge.
Un lien familial nous fait donc partager l’intimité de personnages d’un tel réalisme qu’on semble les connaître au point de presque ressentir leurs émotions. Y aura-t-il des millénariaux ou de la génération Y, pour raconter de semblables péripéties ou d’autres qui s’y apparentent? Qui sait, mais on peut déjà en découvrir les turbulences à travers celles des Magalie et Guillaume de ce monde.

mercredi 5 décembre 2018


Marie-Ève Martel
Montréal, Somme toute, 2018, 208 p., 24,95 $.

Le prix social de la liberté de presse

La presse subit sans cesse l’ire du public, ce n’est pas nouveau. Pourtant, les médias sociaux relaient sans relâche ses contenus. Pendant ce temps, les revenus distribués aux plateformes de nouvelles sont les mêmes, alors que celles-ci se multiplient. On comprend alors que les médias traversent une crise majeure, ce qu’analyse Marie-Ève Martel dans un essai percutant, Extinction de voix : plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale.




L’enquête de l’essayiste porte sur les journaux, radios et télés en dehors des grands centres, comme Montréal et Québec. À quoi servent les médias locaux, demande-t-elle? Réponse courte: rendre compte de la vie des micros sociétés où ils sont installés. Version longue: ils sont les chiens de garde de la vie démocratique; le ciment de la vie sociale et économique; les partenaires de la vie culturelle et de ses manifestations; la voix des sans voix; la mémoire d’une collectivité.
Ces rôles polarisants ne s’exercent pas à la légère et sont régis par un code d’éthique et une rigueur intellectuelle à toute épreuve. Écrire dans un journal ou traiter d’affaires publiques à la radio ne s’improvisent pas. C’est d’autant plus important, car le « journalisme citoyen » peut aisément sombrer dans un populisme dont le discours s’alimente de fausses nouvelles.
Jadis, la moindre municipalité québécoise avait au moins un hebdo. La liberté de presse était « encadrée » et les publicités, une obligation morale. Sans rouler sur l’or, les journaux étaient rentables en informant la population de la région, la rivalité entre eux équilibrant les opinions. Puis, ces journaux étaient vendus et la population, fière de les supporter.
Autres éléments de leur érosion, sinon d’une destruction massive : l’arrivée de Google, Apple, Facebook, Amazon (GAFA). Ces sociétés ont squatté les communautés en appâtant leurs sources de financement publicitaire. Marie-Ève Martel donne des exemples de cela, entre autres que les divers gouvernements ont fait passer la majorité de leur budget de publicité du côté d’internet, dont GAFA.
Que dire de la gratuité des médias passés sur la toile et cessés d’être imprimés? La gratuité n’est qu’illusion, le consommateur les payant en achetant les produits des publicitaires.
L’essai aborde aussi la situation des journalistes. Devenus les bêtes noires de certains élus qui ignorent tous des relations avec les médias, les journalistes en région, parfois dans les villes, n’ont plus les coudées franches. Leur rôle de conscience sociale est devenu la risée de gens d’influence. Certes, rien n’est parfait au pays de la presse, mais la majorité de celles et ceux qui ont choisi le journalisme comme profession ont d’abord acquis la formation nécessaire pour l’exercer leur indispensable rôle en démocratie.
« Quelles solutions pour l’avenir des médias en région? » demande M.-È. Martel. L’aide financière de l’État est une piste non négligeable à condition d’être sévèrement encadrée pour bloquer toute interférence politique ou autre. Par exemple, cela peut se faire en ramenant l’obligation de publier dans la presse écrite les avis publics, l’abolition de certaines taxes ou des frais postaux.
Si la recherche de nouvelles sources de financement est déterminante, elle doit être accompagnée d’une sensibilisation de la population au rôle des médias régionaux dans la vie sociopolitique, économique et culturelle du milieu. Une bibliothécaire me confiait récemment avoir expliqué aux élèves de son institution qu’il y a plusieurs sources d’information autres que Wikipédia et qu’une information sérieuse et rigoureuse s’appuie sur plus d’une source. Le droit à l’information doit être accompagné du devoir de celle-ci d’être irréprochable. Les journalistes professionnels sont, pour la majorité d’entre eux, encadrés par des règles strictes en démocratie et savent s’autoréguler.
En lisant cet essai, j’ai aussi appris que la société Icimédia, dont Le Canda français est le bateau amiral, est actuellement l’entreprise de presse regroupant le plus d’hebdos régionaux au Québec. Or, quand j’associe toutes les informations relatives à la situation de ces périodiques à la mission que s’est donnée Icimédia, je crois que, partout où cette société opère un journal, la population a des chances d’être bien informée puisque sa première préoccupation est justement de l’informer en tenant compte des réalités du milieu.